30 septembre 2026 – VISION360 & PLUS

L’abandon progressif de l’Iran et l’assèchement de l’Ukraine marquent la fin d’un système d’ingérence par procuration, Donald Trump force l’Europe à assumer seule les conséquences d’une dépendance qu’on lui a longuement inculquée.

La fin des conflits par procuration

Pendant des décennies, l’État Profond a géré les tensions mondiales par proxies. Des conflits entretenus à distance permettaient de maintenir la pression, de justifier des budgets militaires colossaux et de contrôler des régions entières sans engagement direct trop visible. L’Iran et l’Ukraine en furent deux illustrations majeures.

Aujourd’hui, ce système s’effondre. L’Iran, longtemps instrumentalisé dans un jeu d’équilibre régional, se retrouve lâché dans une logique de confrontation directe qui pousse vers des négociations. L’Ukraine, quant à elle, voit le carburant de la guerre s’assécher progressivement, les livraisons américaines se ralentissent, les montants se limitent, les délais s’allongent jusqu’en 2029, et certains systèmes critiques comme les missiles Patriot disparaissent des packages. L’Europe se retrouve face à un trou budgétaire de plusieurs dizaines de milliards et peine à combler le vide.

L’ère des proxies ambigus s’achève. Les acteurs sont obligés de venir à la table des négociations.

Trump et la rupture avec le système mondialiste

Donald Trump ne cherche pas à réformer l’État Profond. Il veut en finir avec le système d’ingérence mondialiste qui l’a nourri. Sa doctrine est claire : concentrer la défense américaine sur le continent américain et se défaire de « l’enfant UE », cette construction que Washington a longuement éduquée par ingénierie sociale à la dépendance stratégique, culturelle et militaire.

L’ONU et l’OTAN, créés en 1945, ont servi de proxies institutionnels à cette logique. Ils ont diffusé un narratif culpabilisant et moraliste : anti-souveraineté, pro-mondialisme, immigrationnisme, wokisme, anticulture nationale. Pendant des décennies, l’Europe a accepté ce rôle d’enfant éduqué, confiant sa sécurité aux États-Unis tout en adoptant les dogmes idéologiques qui accompagnaient cette protection.

Avec le changement de cap américain, l’UE n’est plus l’enfant choyé. Elle est renvoyée chez elle avec la responsabilité de ses propres actes. Et « l’enfant » résiste. Il se roule par terre, fait du cinéma géopolitique, multiplie les déclarations alarmistes et tente de prolonger artificiellement un conflit dont le carburant s’épuise.

La fausse guerre comme ultime sursaut

Le conflit ukraino-russe, commencé en 2014 et présenté comme « guerre totale » depuis 2022, a été l’un des derniers grands instruments de l’État Profond. Il permettait de maintenir la tension en Europe, de justifier des dépenses colossales et de préserver un ordre atlantiste déjà fissuré.

Aujourd’hui, ce carburant s’assèche. Les États-Unis sous Trump limitent et étalent les aides. L’Europe, contrainte de payer une facture qu’elle n’avait jamais réellement anticipée, découvre les limites de sa dépendance. Les négociations deviennent inévitables, comme elles le sont devenues pour l’Iran.

Ce que nous observons n’est pas seulement la fin d’un conflit. C’est la lutte pour la survie d’un système qui avait besoin de proxies permanents pour exister.

Vers un ordre par sphères d’influence régionales

Un nouvel ordre mondial se dessine, fondé sur une structure sécuritaire par influence régionale :

  • Les États-Unis se recentrent sur l’Amérique du Nord et l’hémisphère occidental.
  • La Russie consolide son espace eurasien.
  • La Chine affirme sa prééminence en Asie, y compris sur la question de Taipei.
  • Israël (ou, en cas d’effondrement interne du régime iranien, un « Nouvel Iran ») structure le Moyen-Orient.

Ce n’est plus le monde unipolaire de l’après-1991, ni le système de proxies globalisés de l’État Profond. C’est une multipolarité de zones d’influence, plus brutale, plus claire, moins idéologique.

Désintégration ordonnée ou chaos maîtrisé ?

Ce que nous voyons est en réalité la désintégration ordonnée de l’État Profond.

Que le monde qui en sortira soit meilleur ou pire reste une question ouverte.

Mais une chose est certaine : le système qui maintenait des conflits permanents par procuration, qui éduquait des continents entiers à la dépendance et qui justifiait son existence par la peur permanente, est en train de perdre ses principaux instruments.

L’Europe, longtemps protégée et formatée, découvre brutalement qu’elle doit maintenant marcher seule.

Et le cinéma qu’elle fait ne change rien à la réalité des rapports de force.

La fin des proxies n’est pas la fin de l’Histoire.

C’est la fin d’une certaine manière de la diriger dans l’ombre.

Quand les grands acteurs cessent de se battre par intermédiaires et acceptent de négocier directement, le monde change de nature.

Il devient plus transparent dans sa brutalité… et plus exigeant envers ceux qui avaient pris l’habitude de se cacher derrière les autres.