20/10/2026 – Lelibrepenseur.org

L’éolien flottant s’apprête à devenir l’un des plus gros chantiers énergétiques français. Le gouvernement vise 10 gigawatts en mer, répartis sur onze projets, de Dunkerque à Fos-sur-Mer. La moitié sera posée, l’autre moitié flottera. Mais l’addition donne le vertige : Bruxelles a validé un régime d’aides pouvant atteindre 63 milliards d’euros. Pourtant, le sujet avance presque sans bruit, loin des projecteurs ! C’est dingue vu la somme dont il est question !

Un appel d’offres historique

Tout commence par un sigle : AO10, pour dixième appel d’offres. Publié en juin 2026, il multiplie par 5 la puissance installée début 2026, soit 2 gigawatts. Le prix moyen visé doit rester sous 100 euros le mégawattheure. En comparaison, la moyenne européenne s’établissait à 61,9 euros au premier semestre 2026. Concrètement, consommateurs et contribuables, donc les pigeons, paieront la différence. C’est rigolo de constater que l’énergie gratuite naturelle coûte plus cher que le fossile !

Éolien flottant : une facture plus salée qu’annoncé

Or, ce tarif ne dit pas tout. Le raccordement au réseau coûterait 20 milliards d’euros, selon la Commission de régulation de l’énergie. Lignes sous-marines, postes électriques, ouvrages à terre : rien n’est gratuit. Il faudra aussi aménager les ports et prévoir des cautions. De plus, l’État prévoit des contrats de soutien sur 25 ans, contre 20 auparavant. On imagine tous que la « maintenance » coûtera également très cher !

Éric Grall, maire de l’île de Batz, a refait ses calculs. D’après lui, le prix réel de l’éolien flottant breton frôlerait 200 euros le mégawattheure, raccordement inclus. À titre de repère, le parc posé de Saint-Brieuc facture déjà 196 euros.

Éolien flottant : une technologie encore à l’essai

Le précédent appel d’offres au large de Dunkerque affichait 44 euros le mégawattheure. Mais ce parc profite de fonds peu profonds et faciles à travailler. La Bretagne offre rarement cette configuration.

Autre point sensible : aucun parc flottant n’a atteint l’échelle industrielle. Éric Sartori, de l’association Piébim, rappelle qu’aucune éolienne de près de 300 mètres n’est en exploitation. Selon les opposants, les turbines de 15 à 22 mégawatts dépassent même les capacités de la flotte mondiale. Aucun port ne possède, d’après eux, des grues assez hautes. Jules Nyssen, du syndicat des énergies renouvelables, nuance : ces éoliennes existent déjà, seule leur pose sur flotteurs reste inédite. Sans oublier les dégâts catastrophiques sur la faune et la flore !

Produire plus pour exporter ?

L’argument le plus rude tient peut-être aux chiffres. L’an dernier, la France a exporté un volume record de 92,3 térawattheures. Cela représente l’équivalent de quatorze réacteurs nucléaires. Par ailleurs, quand la production déborde, RTE paie les exploitants pour qu’ils s’arrêtent !!! Dédommager coûte moins cher qu’un black-out, certes, mais la situation reste paradoxale. Quant aux emplois promis, ils concernent des métiers déjà en tension, comme soudeur ou technicien de maintenance.

La Bretagne ne se laisse pas convaincre

Sur place, la défiance grandit. Depuis août, pas une semaine ne passe sans qu’un élu breton exprime ses doutes. Les quatre communes de Belle-Île s’opposent depuis le début, tout comme Groix. Le 28 septembre, le conseil municipal de Quiberon a voté contre le raccordement, à l’unanimité. Étel a suivi le lendemain avec un avis défavorable.

Les partisans parlent d’un réflexe « pas dans ma cour ». Les opposants répondent par l’équation économique sauf que c’est faux. Sauf les multinationales profiteront de ce montage grossier ! Même Éric Grall, d’abord favorable, a vite déchanté en se plongeant dans la réalité des chiffres.

Un pari à regarder de près

L’éolien flottant peut devenir une filière d’avenir et créer des emplois. Il peut aussi coûter très cher à des ménages qui n’ont rien demandé. La vraie question n’est donc pas de produire de l’énergie propre. Elle consiste à savoir à quel prix, et sur quelles preuves. Les professionnels promettent que les aides ne dureront pas éternellement. Reste à vérifier cette promesse avant de signer pour 25 ans. Si les aides cessent, on se retrouvera avec des cimetières d’éoliennes flottantes géantes que personne n’ira démonter…

On a longuement parlé de cette escroquerie dans le livre Climate terror et le futur nous donne encore une fois raison.