21 mars 2026 – Citizen Light
Karl zero : « Tout ce que l’on nous a inculqué : l’école, les parents, tout ça, enfant, malheureusement était faux ! « (Justice pour l’enfance)
Senta Depuydt : « Le degré de mal qu’il y a sur cette terre, et l’étendu du truc, en Europe pas un pays qui ne soit pas concerné, ça dépasse l’entendement … »
Laurence Beneu : » Il y a des gens qui sont incroyables de courage et de résilience qui me font continuer … »
Pierre Barnérias : « Un nouveau monde est en germination »
Chers Amis,
J’écris ces mots avec une émotion particulière. Une émotion simple, presque pudique, celle qui arrive quand on comprend qu’une aventure touche à sa fin.
Vous le savez déjà pour beaucoup d’entre vous, j’arrête définitivement l’information après cet ultime volet de la saison 2 de « C’est Notre Petit Secret » consacré à la pédocriminalité. J’ai initié cette enquête en 2011. Elle s’est poursuivie en 2017 jusqu’à ce jour. Je vous écris alors que je pars pour Milan réaliser une toute dernière interview. Dernier clap, dernier chapitre pour un aboutissement.
Un aboutissement de longues années d’écoute, de rencontres et de confidences parfois. Des histoires qui souvent vous poursuivent après que la caméra s’est arrêtée et qui vous tiennent en haleine.
Certaines ont pu être diffusées. D’autres non. Parce qu’il arrivait qu’au dernier moment une personne du doc me dise, la voix tremblante, qu’elle ne pouvait plus. Trop de risques. Trop de douleur. Trop de souvenirs qui remontent.
Alors on refermait le dossier.
Je vous veux dire une seule chose : ces femmes et ces hommes, qui témoignent dans cette série inédite, à plus d’un titre, sont à mes yeux de véritables héros de l’humanité. Des héros silencieux. Ceux qui trouvent la force de dire ce que beaucoup préféreraient ne jamais entendre.
Ce travail a été exigeant. Parfois éprouvant. Mais il a été aussi profondément enrichissant.
Je ne vous demanderai plus grand-chose désormais. Je me retire doucement et définitivement de ce monde de l’information, perverti par la corruption et l’IA. Je laisse derrière moi une structure qui me tient à cœur, l’association Citizen Light. Une agence de presse 100 % citoyenne avec des débats citoyens captivants, des orateurs hors normes comme David Pliquet ou Michel Chanu, reléguant les plateaux TV à un théâtre où la partition est déjà écrite et sonne aussi creux que le crâne d’un fact checker.
L’idée relevait d’un constat implacable. Depuis des années, le journalisme de terrain a été remplacé par le journalisme de salon travesti en donneurs de leçons et en colleurs d’étiquettes. Cette crise, programmée a fait disparaître toutes contradictions, tous débats. Il m’est donc apparu urgent que les citoyens reprennent la main, la parole. Car la source de l’info, c’est nous tous et non les quelques milliers de personnes qui informent sans contrôle les 7 milliards d’individus que nous sommes.
Aujourd’hui, chacun peut être porteur d’une information intéressante pour le plus grand nombre. Et chacun peut témoigner, peut enquêter à sa mesure. Et surtout, chacun peut signer ce qu’il dit.
C’est l’esprit de Citizen Light. Aujourd’hui, l’Asso est à l’arrêt. Faute de moyens et de citoyens reporters.
Peut-être que cette idée renaîtra un jour de ses cendres. Le moment n’est sans doute pas encore venu. L’histoire nous l’apprendra.
Je voudrais également remercier les neuf coproducteurs qui m’ont permis d’aller au bout de cette série : Florent, Jean-Jacques, Loïc, Christofer, Liliane, Francis, Christine, Delohine, Hervé. Ils ont tous soutenu ce projet sans jamais en attendre de bénéfices.
Il y a des projets qui ne rapportent pas d’argent, mais qui rapportent pourtant quelque chose d’infiniment plus précieux.
C’est aussi pour cela que cette série est proposée au prix de 4,90 euros. Le minimum possible. Pour permettre au plus grand nombre de découvrir ces témoignages.
Parce que ces histoires semblent parfois venir d’un autre monde, mais elles parlent en réalité du nôtre. Et, étrangement, elles nous aident aussi à relativiser bien des petits tracas de la vie quotidienne.
Je veux aussi remercier ici toutes celles et tous ceux qui me suivent depuis Hold-Up.
Depuis ce film, il y a eu des débats, des critiques, des polémiques, des tempêtes médiatiques, mais surtout beaucoup de soutiens. C’est la raison principale de mon livre toujours en cours : remercier ! Puis sont venus d’autres projets, d’autres enquêtes, d’autres films comme Hold-On ou Hold-Out. Ils ont poursuivi ce même chemin.
Juste le sentiment d’avoir accompli ma petite mission de reporter de terrain. Une mission qui m’a conduit dans des territoires humains auxquels je ne m’attendais absolument pas.
Je pensais faire du journalisme.
Je me suis retrouvé plongé dans quelque chose qui ressemblait parfois à un roman noir, mais sans le confort de pouvoir fermer le livre à la dernière page.
Découvrir à quel point l’être humain peut tricher, mentir, manipuler. Je ne vous cache pas que cela a été une expérience profondément bouleversante.
Elle m’a enrichi, bien sûr.
Mais elle m’a aussi, par moments, profondément secoué.
Parce que j’étais très loin d’imaginer que l’homme pouvait être capable d’autant d’ombres…
Et pourtant, au milieu de cette obscurité, j’ai aussi rencontré des lumières extraordinaires. Des personnes debout. Courageuses. Dignes.
Alors je voudrais simplement terminer par ceci.
Merci.
Merci à chacune et chacun d’entre vous pour votre présence, votre confiance, vos messages, vos encouragements, et même vos critiques. Tout cela fait partie du chemin.
Et si je pouvais vous demander une dernière chose, une seule…
Ce serait celle-ci.
Faites vivre cette série.
Regardez-la. Partagez-la. Faites-en une référence dans la lutte contre la pédocriminalité.
Parce qu’au fond, le véritable combat reste toujours le même : briser le silence.
Je vous remercie tous. Chacun à votre place et je vous souhaite sincèrement le meilleur.
Et peut-être que le meilleur, finalement, c’est simplement cela : des citoyens qui refusent désormais de détourner le regard.
Merci encore
Soyez bénis.
Pierre
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Le livre de Daniel Pittet

En 1968, dans la cathédrale de Fribourg, Daniel Pittet, neuf ans, rencontre le père Joël Allaz, qui l’invite à le suivre dans son couvent. Le calvaire de l’enfant débute : durant quatre ans, Daniel sera violé par ce prêtre manipulateur.
La voie de la guérison est longue, mais le soutien de ses proches et sa foi le sauvent : il s’insère dans la vie professionnelle, se marie et fonde une famille de six enfants.
Au début des années 2000, Daniel dénonce son violeur, dont il réussit à faire reconnaître les crimes par l’Église. Aujourd’hui, il prolonge sa lutte, pour les autres victimes de la pédophilie.
Ce témoignage bouleversant et paradoxalement lumineux est celui d’un homme debout, qui, malgré sa souffrance encore vive, a trouvé la force inouïe de pardonner à son bourreau.
Ce récit est suivi en postface d’un entretien avec le père Joël Allaz, démarche hors du commun car rare est la parole publique d’un pédophile.