24/12/2025 – Vision360etplus

Le Cloporte n’est pas un insecte, c’est un épurateur blindé.
« JE SUIS LE SEUL À POUVOIR DIGÉRER VOS POISONS ».
« Vous me soulevez sous un pot de fleurs et vous dites “beurk”. Vous devriez dire “merci”. Je suis le seul habitant de votre jardin capable de survivre là où le sol est toxique. Quand je mange le bois mort et les feuilles en décomposition, j’avale aussi le plomb, le cadmium et l’arsenic que vos activités ont laissés dans la terre. Mais je ne meurs pas. Je cristallise ces métaux lourds dans mes entrailles pour qu’ils ne polluent plus les nappes phréatiques. Je ne suis pas un nuisible. Je suis le foie de la forêt. »

RAPPORT DE TERRAIN : La Bioaccumulation Héroïque.
– L’assainissement des sols : le cloporte est un détritivore essentiel, mais sa physiologie est unique.
– L’usine de Traitement : contrairement aux vers de terre qui peuvent souffrir de la pollution, le cloporte a développé une capacité incroyable à stocker les métaux lourds (cuivre, zinc, plomb, cadmium) dans un organe spécifique : l’hépatopancréas.
– La Séquestration : il transforme ces toxines solubles et dangereuses en granules sphériques insolubles à l’intérieur de son corps. Il “immobilise” la pollution. Tant que le cloporte est vivant, le poison est piégé et neutralisé. Il nettoie littéralement le sol en concentrant la toxicité en lui-même pour protéger le reste de l’écosystème.


LES FACES CACHÉES DU « CRUSTACÉ » :
– Le Cousin du Homard ou l’Exilé de la Mer
– L’identité : le cloporte n’est pas un insecte. Il a 14 pattes (les insectes en ont 6). C’est un crustacé isopode. C’est une crevette qui a réussi à conquérir la terre ferme.
– La Respiration : il respire encore grâce à des branchies modifiées situées sous son abdomen. C’est pour cela qu’il a besoin d’humidité : si ses branchies sèchent, il meurt asphyxié. C’est un scaphandrier sans scaphandre.
– Le Sang Bleu : comme les nobles créatures marines (limules, poulpes), le cloporte a le sang bleu. Son hémolymphe contient de l’hémocyanine (à base de cuivre) pour transporter l’oxygène, contrairement à notre hémoglobine (à base de fer).
– La Maman Marsupiale (La Tendresse) : la femelle cloporte ne pond pas ses œufs n’importe où. Elle possède une poche ventrale (le marsupium), comme les kangourous. Elle y porte ses œufs puis ses bébés (les “pulli”) pendant plusieurs semaines pour les protéger de la dessiccation jusqu’à ce qu’ils soient autonomes.


LE MANIFESTO : « RESPECTEZ LE RECYCLEUR » car il transforme la mort en terreau.
– L’Architecte du Sol : en fragmentant la matière morte (feuilles, bois), il multiplie par 100 la surface disponible pour les bactéries et les champignons. Sans lui, le cycle de décomposition serait infiniment plus lent.
– L’Inoffensif : il ne mord pas, ne pique pas, ne mange pas vos plantes vivantes (sauf s’il meurt de faim, ce qui est rare) et ne transmet aucune maladie. Il est l’innocence blindée.
– Notre Devoir ou comment aider le nettoyeur ? : Laissez le bois au sol car c’est le « resto du cloporte ». Ne brûlez pas tout le bois mort et laissez quelques bûches pourrir dans un coin ombragé et humide. C’est son habitat et sa nourriture. Paillez vos massifs avec des feuilles mortes ou du BRF (Bois Raméal Fragmenté). Cela maintient l’humidité vitale pour ses branchies.
– Pas de Chimie : il gère les métaux lourds, mais les insecticides neurotoxiques le tuent instantanément. Si vous tuez les cloportes, vous arrêtez le recyclage de votre sol.
Le cloporte est une crevette en armure qui s’est sacrifiée pour vivre sur terre et nettoyer nos saletés. La prochaine fois que vous en voyez un se mettre en boule, souvenez-vous qu’il protège un trésor écologique.