02/09/25 – François CotardLemediaen442

Pfizer accepte de réduire le prix de ses médicaments de 50 % à 85 % après un accord avec Donald Trump

Pfizer a accepté de réduire jusqu’à 85 % le prix de plusieurs médicaments aux États-Unis, après un accord avec Donald Trump. L’objectif : aligner les tarifs américains sur les prix les plus bas pratiqués dans les pays développés, dans le cadre du programme Medicaid.

« Les États-Unis comptent moins de 5 % de la population mondiale, mais environ 75 % des bénéfices pharmaceutiques mondiaux proviennent des contribuables américains. »

Le laboratoire pharmaceutique américain Pfizer a conclu un accord majeur avec l’administration Trump visant à réduire les prix des médicaments sur ordonnance dans le cadre du programme Medicaid. En échange, l’entreprise bénéficie d’un allègement tarifaire et d’une période de grâce de trois ans pour ses produits fabriqués à l’étranger. Le président Donald J. Trump a adressé des lettres aux principaux fabricants de produits pharmaceutiques, leur expliquant les mesures à prendre pour réduire le prix des médicaments sur ordonnance aux États-Unis et l’aligner sur le prix le plus bas pratiqué dans les autres pays développés (prix de la nation la plus favorisée, ou NPF).

Ces lettres ont été envoyées à AbbVie, Amgen, AstraZeneca, Boehringer Ingelheim, Bristol Myers Squibb, Eli Lilly, EMD Serono, Genentech, Gilead, GSK, Johnson & Johnson, Merck, Novartis, Novo Nordisk, Pfizer, Regeneron et Sanofi.

Des prix alignés sur les pays développés

Selon les termes de l’accord, Pfizer s’engage à appliquer aux États-Unis le tarif le plus bas pratiqué dans les pays développés. Donald Trump a affirmé que cette mesure marquait « la fin d’une époque où les Américains subventionnaient la santé du reste du monde ».

Aujourd’hui, les patients américains paient en moyenne trois fois plus cher leurs traitements que dans d’autres économies avancées. Cette décision vise donc à réduire un écart de prix souvent dénoncé par la Maison-Blanche.

Concrètement, les mesures de la Maison-Blanche incluent :

  • l’obligation pour les laboratoires de proposer des prix MFN [taux de la nation la plus favorisée] à chaque patient Medicaid ;
  • l’interdiction d’accorder à d’autres pays développés de meilleurs prix que ceux proposés aux États-Unis pour les nouveaux médicaments ;
  • la possibilité pour les laboratoires de vendre directement aux patients, à condition de respecter le tarif le plus bas pratiqué dans les pays riches ;
  • un soutien commercial pour augmenter les prix à l’international, à condition que ces gains soient réinvestis dans la baisse des prix américains.

Une volonté de rééquilibrer le système mondial

Selon la Maison-Blanche, les grands laboratoires ont longtemps profité des subventions à la recherche et des budgets colossaux du système de santé américain, tout en pratiquant des tarifs plus bas à l’étranger pour gagner des parts de marché. En clair, les Américains subventionnaient indirectement les systèmes de santé étrangers.

« Cas après cas, nos citoyens paient des prix bien plus élevés pour le même médicament fabriqué dans la même usine », a martelé Trump. « Parfois quatre ou cinq fois plus cher. »

Lancement de TrumpRx en 2026

Pfizer figurera parmi les premiers laboratoires partenaires du futur site gouvernemental TrumpRx, prévu pour 2026, qui permettra aux patients d’acheter leurs traitements à des prix négociés. Plusieurs médicaments phares de la firme – dont Xeljanz (polyarthrite rhumatoïde), Zavzpret (migraine), Eucrisa (dermatite) et Duavee (ostéoporose post-ménopausique) – verront leurs tarifs baisser de 50 % à 85 %.

Une stratégie politique et industrielle

Ce compromis intervient alors que Donald Trump menaçait d’imposer dès le 1er octobre une taxe de 100 % sur les importations de médicaments brevetés, sauf si les fabricants installaient des usines de production aux États-Unis.
Pour répondre à cette pression, Pfizer a annoncé un investissement de 70 milliards de dollars dans la recherche et la production locale, garantissant ainsi une partie de ses exemptions douanières.

Impact économique et politique

L’annonce a immédiatement fait réagir Wall Street : l’action Pfizer a bondi de plus de 6 %, et les investisseurs ont salué un compromis qui limite l’impact financier sur le secteur, puisque les réductions concernent surtout Medicaid.

Pour l’heure, Donald Trump marque un point politique majeur : il se positionne comme le président qui tient sa promesse de rendre les médicaments abordables et d’imposer aux laboratoires de nouvelles règles du jeu.