28/09/25 – Lemédiaen442
Le gouvernement de Keir Starmer franchit un seuil dans la reconfiguration du rapport entre l’État et les citoyens. Au prétexte de régulariser l’immigration clandestine, il impose une identité numérique obligatoire pour tout individu souhaitant travailler sur le sol britannique. Baptisée « Brit Card », cette pièce d’identité dématérialisée, hébergée sur smartphone, incarne moins une modernisation administrative qu’un tournant vers un contrôle généralisé. Une façon de l’imposer dans un pays non soumis à l’euro numérique qui nous guette.

Le travail conditionné au numéro
Le 26 septembre 2025, le Premier ministre a tranché : « Vous ne pourrez pas travailler au Royaume-Uni sans identité numérique. Un point c’est tout. » Ce sésame numérique, intégralement déployé sur mobile, attestera de l’identité, du statut résidentiel et du droit au travail. Son déploiement, prévu pour s’achever en 2029, ne saurait être réduit à une simple formalité. Il s’agit d’une injonction à adopter un dispositif dont la fragilité technique et la finalité réelle demeurent opaques, sous menace d’exclusion économique.
Rappelons que le Royaume-Uni avait abrogé le système de carte d’identité physique en 2010, au nom de la protection des libertés individuelles. Aujourd’hui, le Labour ressuscite ce dispositif sous une forme dématérialisée, comme si la numérisation légitimait soudain ce qui fut naguère rejeté. Cette « immense opportunité », vantée par l’exécutif, dissimule mal l’instauration d’une traçabilité permanente des citoyens.
Les finalités implicites : le contrôle par les données
Si l’objectif affiché est de lutter contre l’immigration irrégulière et le travail non déclaré, la mesure s’inscrit dans une trajectoire plus vaste : l’instauration d’un registre social numérisé. Calquée sur des modèles estoniens ou indiens, elle ignore les dérives observées ailleurs : brèches de sécurité, discrimination systémique, marginalisation des populations précaires.
Le gouvernement tente de rassurer : la carte ne sera pas obligatoire dans la vie courante. Affirmation fallacieuse. Son intégration dans les processus d’embauche la rendra incontournable, transformant le téléphone en un passeport indissociable de son propriétaire. Qu’adviendra-t-il des personnes sans smartphone, des réfractaires au tout-numérique, ou de ceux que l’âge ou la condition sociale tient à l’écart du digital ? Ils se verront purement et simplement évincés du marché du travail.
Vie privée et sécurité : un pari perdu d’avance
Les critiques soulignent avec raison la menace que ce système fait peser sur les libertés civiles. Des organisations de défense des droits humains dénoncent un « dispositif idéal pour les cybercriminels », dans un contexte mondial déjà marqué par des fuites de données massives. Concentrer l’identité légale, le statut migratoire et l’historique professionnel sur un terminal mobile, c’est créer une cible de choix pour le piratage.
Une pétition réunissant plus de 1,6 million de signataires rejette le principe même d’une identité numérique obligatoire. Des cercles conservateurs et libertariens dénoncent une dérive autoritaire, voyant dans la « Brit Card » le ferment d’une surveillance étatique étendue. Leur inquiétude est fondée : une fois le système en place, rien n’interdira son extension à d’autres domaines – consommation, déplacements, accès aux services publics.