13 février 2026 – La Relève et la Peste

Un programme inédit d’aides agricoles porté par Eau de Paris montre qu’un autre modèle est possible pour concilier agriculture et qualité de l’eau potable. Lancé en 2020, ce dispositif de paiements pour services environnementaux accompagne des agriculteurs volontaires sur plus de 17 300 hectares situés dans les zones qui alimentent les captages d’eau de la capitale.

Ce dispositif montre que l’ambition de cette proposition de loi d’interdire d’ici à 2030 l’utilisation de pesticides de synthèse et d’engrais azotés minéraux au sein des zones de captage associées à des points de prélèvement sensibles est possible.
« Avec Eau de Paris, nous avons mis en place un système très vertueux qui fonctionne très bien », s’enthousiasme Dan Lert, président d’Eau de Paris et adjoint à la Maire de Paris en charge de la transition écologique, du plan climat, de l’eau et de l’énergie, auprès de La Relève et La Peste.
L’équivalent de l’utilisation de 55 tonnes de substances actives de pesticides a pu être évité au niveau des zones de captage.
Une mutualisation des pratiques
Au total, 123 agriculteurs – avec une surface de près de 20 000 hectares – se sont engagés avec Eau de Paris. Les surfaces d’agriculture biologique ont été multipliées par quatre, avec un impact direct sur la qualité de l’eau.
« L’ampleur des pics de pollution par les pesticides, leurs métabolites ou encore les nitrates a été divisée par deux au niveau des zones de captage, c’est extrêmement significatif », indique Dan Lert.

Les agriculteurs bénéficient d’un appui financier de 150 à 450 euros par hectare et par an.

Selon un rapport de la mission d’information du Sénat sur la gestion durable de l’eau de 2023, le coût du traitement de l’eau est au moins trois fois supérieur à celui des actions de prévention.
« On assiste à une explosion du coût des traitements, qui est supporté uniquement par les usagers », déplore Dan Lert, regrettant que le principe du pollueur-payeur ne soit pas appliqué.
« Il est inacceptable que les collectivités paient pour les pollutions immenses causées par les industriels qui fabriquent des molécules dont ils connaissent la toxicité depuis des années. »*
Reflet du succès du dispositif, aucun des agriculteurs passés en bio n’a fait marche arrière en opérant une « déconversion ». De plus, « 90 % des exploitations engagées dans le PSE trouvent les conseils qu’on leur donne adaptés aux objectifs à atteindre », rapporte le président d’Eau de Paris.