6 février 2026 – VISION360&PLUS

Face aux élites économiques et politiques réunies au Forum économique mondial, Nita Farahany (juriste et bioéthicienne à la Duke University School of Law) lance un avertissement : les avancées en neurotechnologies ouvrent la voie à une surveillance totale de l’intimité humaine.
Cette vidéo, traduite, a été projetée en introduction de son intervention. Elle dépeint un futur dystopique où les ondes cérébrales des employés sont scrutées en permanence, où les pensées deviennent des preuves juridiques, où l’amour au bureau est détectable, où le stress est mesuré et sanctionné.
Un cauchemar ? Pas vraiment …
Une réalité technologique déjà opérationnelle, qui risque de signer l’arrêt de mort de nos derniers espaces de liberté intérieure.
- Traduction d’un article de 2023 publié par Popular Mechanics
[Ndt : magazine de vulgarisation scientifique, équivalent de Science & Avenir]
▪️L’intelligence artificielle est désormais capable de décoder l’activité cérébrale pour révéler les émotions, la productivité, voire les pensées préconscientes, selon une futuriste.
▪️Des technologies portables déjà disponibles assistent cette surveillance des ondes cérébrales.
▪️Ce nouveau monde de surveillance ouvre la voie à de multiples usages, bénéfiques comme néfastes.
Ce n’est pas comme si la futuriste de l’Université Duke, Nita Farahany, avait voulu jouer les prophètes de malheur lors de sa récente conférence The Battle for Your Brain à l’occasion du Forum économique mondial de Davos, la semaine dernière. Mais il se peut qu’elle ait voulu nous alerter, au moins un peu. D’après elle, la technologie permettant de décoder nos ondes cérébrales existe déjà. Et certaines entreprises sont probablement en train de la tester.
« Vous serez peut-être surpris d’apprendre que ce futur est déjà là », a déclaré Farahany lors de son intervention, que vous pouvez regarder ci-dessous.
« L’intelligence artificielle a permis des avancées dans le décodage de l’activité cérébrale que nous pensions jusqu’alors impossibles. Ce que vous pensez, ce que vous ressentez – tout cela n’est que des données. Des données qui, analysées à grande échelle, peuvent être décodées grâce à l’intelligence artificielle. »
En utilisant des dispositifs portables – que ce soit des casquettes, des bandeaux, des tatouages placés derrière l’oreille ou des écouteurs – les capteurs peuvent capter les signaux EEG (électroencéphalogramme) et utiliser des dispositifs dopés à l’IA pour décoder tout, de l’état émotionnel au niveau de concentration, en passant par la reconnaissance de formes simples, voire vos réactions préconscientes à des chiffres (autrement dit, la possibilité de voler votre code de carte bancaire sans que vous en ayez conscience).
Dans un scénario dystopique – mais bien réel – un employeur pourrait utiliser l’IA pour surveiller un employé, à condition qu’il porte le bon appareil, et détecter si son esprit vagabonde ou s’il est concentré sur une tâche principale ou annexe.
« Lorsqu’on combine l’activité cérébrale avec d’autres formes de technologies de surveillance », a précisé Farahany, « ce pouvoir devient très précis. »
Une autre technologie intégrée à une montre peut capter des signaux électromyographiques (EMG) pour suivre l’activité cérébrale lorsqu’elle envoie des signaux le long du bras vers la main. En combinant ces technologies, explique Farahany, nous pourrons bientôt contrôler nos appareils électroniques simplement par la pensée.