29/07/2026 – Conte soufi
Un étranger arrive devant la porte d’une ville et questionne un vieil homme assis devant :
– Toi, vieux sage, tu dois bien connaître les habitants d’ici. Peux-tu me dire comment sont les gens de cette ville ? Sont-ils accueillants, aimables, bienveillants ?
Le vieil homme sourit, comme le font souvent les sages, et, au lieu de répondre, lui retourne la question :
– Dis-moi, étranger, comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ?
L’homme fait la grimace.
– Honnêtement, ils étaient désagréables, mesquins, égoïstes. Une vraie plaie.
Alors le sage lui répond :
– Eh bien, ici, tu trouveras les mêmes.
Un peu plus tard, un autre étranger arrive, pose exactement la même question. Le sage lui demande également :
– Et dans la ville d’où tu viens, comment étaient les gens ?
L’homme répond avec un grand sourire :
– Oh, ils étaient charmants, attentionnés, généreux. Je les ai beaucoup aimés.
Et le sage de lui dire :
– Ici, tu les trouveras pareils.
Un vendeur de chameaux qui avait entendu les deux conversations s’approche, intrigué :
– Vieil homme, tu es un menteur ! Tu dis une chose à l’un, le contraire à l’autre ! Les gens d’ici sont-ils bons ou mauvais ?
Et le sage de répondre calmement :
– Cela n’a aucune importance, car chacun porte le monde dans son regard. Celui qui est malheureux quelque part le sera partout. Celui qui est heureux en un lieu saura trouver le bonheur ailleurs.
